Les 9 erreurs de l’auteur indépendant qui débute

Un lien vers une vidéo youtube destinée à mes chers amis auteurs indépendants qui débutent, tout comme moi (même si j’en suis « déjà » à mon sixième roman) 😉 .

J’espère de tout cœur que cette vidéo Tuto bar vous sera utile !

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ZAÏGO – Extrait – Chapitre 1 – Diable…

Sainte-Anne, plage de Bois-Jolan. 23h23.

La dernière année d’études du jeune François Bonfils fut particulièrement éprouvante. Il se demande encore par quel miracle il a réussi à obtenir sa licence. Des créatures infernales ayant l’aspect de chiens monstrueux ont longtemps hanté ses rêves. Accumulant les nuits blanches, incapable de se concentrer sur ses études, il a fini par se résigner en annonçant à ses parents qu’il allait probablement devoir doubler son année.
Si sa mère a su se montrer compréhensive, tant il est vrai que son fils fut l’un des témoins majeurs des évènements ayant marqué l’île, son père lui a reproché son manque de courage et de pugnacité.
« Man fou a i ! » , lui a répondu son ami Jimmy, certes quelque peu éméché, lorsque François lui a rapporté l’anecdote.
« De toute façon, tu l’as eue, ta licence, non ? Alors, passe à autre chose ! »
Les étudiants de la faculté de Fouillole ont investi l’une des plus belles plages de la commune de Sainte-Anne, y improvisant une soirée marquant la fin des examens. Peu leur importent leurs résultats, titulaires de diplômes comme futurs redoublants se sont retrouvés pour prendre part aux festivités et marquer le coup de la fin d’une année scolaire particulièrement difficile.

François observe son ami se déhancher au rythme du raggamuffin.
Jimmy ne peut s’empêcher d’aguicher les jeunes filles, pour la plupart faussement outrées. Certaines d’entre elles, amusées, gloussent en le singeant, à son plus grand bonheur !
« Il est pas beau, ce putain de temps ? lance-t-il à François, allez, viens profiter un peu ! »
François fait la grimace.
— Merci, mais je crois que je vais lever le pied sur ma conso d’alcool. Ces derniers temps, ça ne m’a pas beaucoup porté bonheur, tu le sais.
— Qui te parle d’alcool ? Regarde-moi ces beautés, timal ! Allons leur proposer de danser sur le prochain zouk !
— Désolé, Jimmy, mais je n’ai vraiment pas le cœur à ça, pas ce soir.
— Eh bien, reste dans ton coin ! Moi, je n’ai pas l’intention de dormir seul ce soir, si tu vois ce que je veux dire !
François observe de loin le petit manège de son ami.
Jimmy accoste assez maladroitement une très jolie fille, son état d’ébriété n’aidant guère. Alors que la partie semble mal engagée, la demoiselle semble, finalement, ne pas refuser ses avances.
Veinard, pense François.
Quelques secondes à peine après un zouk particulièrement lascif, les deux tourtereaux partent s’isoler dans un coin reculé de la plage, à l’abri des regards.
« Eh ben, mon cochon ! J’espère que tu te chausseras, au moins ! » lance, à voix haute, François à son compère, avant de rougir en croisant le regard amusé d’une jeune femme assise sur le sable.

Jimmy est aux anges, il plonge son regard dans les yeux verts de sa conquête. Une fille d’une beauté à couper le souffle. Jackpot, Jimmy ! Jackpot ! Non non ce n’est pas possible, tu dois rêver ! Oui, c’est ça, une telle beauté, ça n’existe que dans les rêves !
La déesse aux yeux émeraude lui caresse la joue en souriant timidement, il frémit.
Mon Dieu, si c’est un rêve, ne fais pas sonner le réveil, fais que les volets de ma chambre soient bien fermés, et surtout, tue ce satané coq !
» Comment t’appelles-tu ? » lui demande-t-il.
Pas de réponse, mais la main douce lui caresse le visage de plus belle, ce n’est pas pour lui déplaire.
« Muette ? Tu préfères le langage des signes ? Tu as raison, on s’en fout, après tout, on sait très bien ce que l’on veut, toi et moi ! »
La demoiselle est vêtue d’un paréo blanc interminable qui lui masque entièrement les jambes. Le tissu immaculé caresse la surface du sable comme le ferait la traîne d’une robe de mariée. Jimmy y voit un signe. Il se montre plus entreprenant en approchant ses lèvres du visage de la belle.
C’est là que tout se joue, mon vieux… ça passe ou ça casse.
Au grand étonnement de Jimmy, la demoiselle n’attend pas que sa bouche rencontre la sienne. Elle s’avance et embrasse goulûment le jeune homme, tout heureux que tout aille aussi vite.
Le soleil s’est couché il y a belle lurette, mais il fait encore très chaud. Sans doute combinée aux effets de l’alcool qu’il a ingurgité, cette chaleur fait tourner la tête du fêtard.
Allons, mon vieux Jimmy, ce n’est pas le moment de perdre tous tes moyens ! Faut pas te reposer sur tes lauriers ! Faut assurer, maintenant !
« Wouhaou ! Tu me fais tourner la tête, Doudou ! Tu embrasses comme personne ! »
Pour toute réponse, la beauté sourit et embrasse une seconde fois l’autoproclamé Don Juan des Caraïbes.
Second moment d’extase, plus intense celui-là. L’étudiant en est presque groggy, des feux follets se déplacent devant ses yeux qu’ils frottent énergiquement.
Le sol se dérobe légèrement sous ses pieds.
Tu nous fais quoi là, mon vieux ? Pas le moment de tourner de l’œil, hein ! Pense à la tronche de François quand il saura que tu es sorti avec la plus belle femme des Antilles ! Pense même à celle des autres couillons qui te prennent pour un loser !
Troisième baiser, plus profond, plus long celui-là. Jimmy a le souffle coupé.
Il ne comprend pas ce qui lui arrive. Un goût métallique, tenace, lui donne un haut-le-cœur. Il hoquette, puis s’excuse maladroitement.
« Excuse-moi, je crois que j’ai bu le ti-punch de trop… »
Il inspire un grand coup en levant les yeux au ciel. Les étoiles se meuvent en une étrange farandole. Il pose le regard sur la jeune femme, toujours tout sourire, elle ne semble pas être inquiétée par l’état de Jimmy. Il se dit que c’est préférable, ce serait dommage que l’histoire s’arrête là.
Il s’approche pour l’embrasser une quatrième fois, quand il sent de la bave couler le long de son menton.
Merde.
Il s’excuse encore une fois avant de se détourner en essuyant maladroitement son visage du revers de la main.
Il frémit. Ses doigts sont recouverts de sang.
Qu’est-ce que…
Une violente crampe d’estomac le plie en deux, il semble que l’alcool qu’il a ingurgité soit à la recherche de l’air libre.
Jimmy a l’impression de se trouver au centre d’un tourniquet lancé à pleine vitesse. De violents maux de tête le plaquent au sol. C’est comme si son crâne abritait une version miniature de la Soufrière en pleine activité.
Il vomit un liquide épais et noir, très vite absorbé par le sable.
En temps normal, il aurait honte de lui, honte de la situation. Mais l’humiliation d’avoir perdu la face en présence d’une fille n’est rien en comparaison de la panique qui le gagne lorsqu’il comprend avoir régurgité du sang, du sang en très grosse quantité.
Le visage collé contre le sable poisseux, haletant, il tente de se relever en poussant sur ses bras, comme s’il allait effectuer une série de pompes.
Il se veut rassurant :
« Ça…ça va aller, Doudou, je ne sais pas ce qui m’arrive, peut-être le bokit que j’ai mangé tout à l’heure… il… il devait être avarié… »
Pas de réponse, mais le jeune homme entend le tissu du paréo glisser jusqu’à lui.
Les pieds de la déesse des îles apparaissent à hauteur de son visage, soulevant des grains de sable qui lui brouillent la vue.
Il cligne des yeux, puis pose maladroitement une main sur la jambe de sa conquête, imprimant les marques sanglantes de ses doigts sur l’étoffe blanche.
« Désolé… je vais nettoyer tout ça. »
Ayant perdu toute lucidité, il prend appui sur le tibia de la jeune femme afin de se relever. Le tissu du paréo se déchire, révélant le mollet de la demoiselle.
Jimmy a une moue dubitative. La beauté se néglige, il n’a jamais vu de jambe aussi poilue, si ce n’est chez sa vieille tante Berthe, une réfractaire à l’épilation.
Mais une chose le hérisse, la fille possède-t-elle une prothèse ? Sa cheville est aussi fine qu’une branche d’acacia. Où est son pied ? Probablement enfoui dans le sable, pense-t-il.
Le jeune homme parvient avec force difficulté à rouler sur le dos. Il frissonne, ayant la désagréable impression d’avoir le dos aspergé d’eau glacée.
« Je vais bien, donne-moi juste quelques secondes, tout tourne… »
Toujours pas de réponse. Jimmy s’agace et lève les yeux vers sa conquête. Peu importe s’il rate son coup ce soir, il est prêt à l’invectiver.
Il est pétrifié d’effroi.
La beauté n’en est plus une.Résultat de recherche d'images pour

(Image tiré du film Jennifer’s body avec Megan Fox)

Fin de l’extrait

ZAÏGO – Extrait – Chapitre 22 – Grappe de crabes

Le marché de la Darse est en pleine effervescence, Marie et Rousseau décident d’y faire un tour, histoire de se changer les idées.
Les marchands ont déjà été confrontés, en début d’année, à un meurtre à proximité de leurs étals, lors de l’affaire des chiens. Ils ne s’étonnent donc pas outre mesure du dispositif de sécurité mis en place par la Police, quelques mètres plus loin.
La place est régulièrement le théâtre de crimes et autres trafics en tout genre, même si leur nombre a fortement régressé depuis quelques mois, grâce, notamment aux Gwada Cops.
Voilà pourquoi lorsque Rousseau et Kancel apparaissent dans les travées du marché, ils sont accueillis sous les vivats de la foule.
Ils en sont d’ailleurs les premiers surpris. Les nombreuses questions et les demandes d’autographes qui fusent de la part de leurs fans les déstabilisent.
Rousseau se montre dur et distant, voire menaçant, mais ça ne fait qu’accentuer son charisme auprès de ses admirateurs.
Quant à Marie, elle doit rappeler à certains pseudo-courtisans qu’elle est une représentante des forces de l’ordre. Ceux-ci battent en retraite dès qu’elle fronce les sourcils et menace de balancer des atémis à la gorge des plus entreprenants.
Désireux d’être bien vus par leurs héros, certains marchands proposent gratuitement aux policiers leurs plus beaux produits : madère, igname, poyos , fruits à pain, cannes à sucre. Si au départ, ils refusent catégoriquement, un produit attire tout particulièrement l’attention de Marie.
Elle s’approche du marchand, incrédule, et l’interpelle :
« Dites-moi, je ne pense pas que ce soit la saison du crabe. »
Comme le veut la tradition, les crustacés sont ligotés les uns aux autres à l’aide de tiges de végétaux, formant littéralement des grappes de crabes. En temps normal, c’est surtout pour Pâques que l’animal est consommé.
Durant cette période, lorsque le Métropolitain se bat pour ravir au boucher son dernier gigot d’agneau, l’Antillais jette son dévolu sur ces grappes de crabes qu’il est parfois prêt à payer au prix fort.
Le marchand, un vieil homme portant un bakoua rapiécé, balbutie quelques mots en créole avant d’être interrompu par Marie :
« J’ignorais également que les touloulous étaient comestibles. »
Rousseau s’étonne :
« Bien sûr qu’ils le sont, Marie, seulement ce ne sont pas les plus prisés par les Guadeloupéens. Nous leur préférons le crabe de terre, le crabe à barbe et même le crabe Sémafot »
C’est en énumérant la liste des crustacés que l’inspecteur est pris d’une soudaine intuition. Il s’approche du marchand en plongeant sa main dans sa veste.
Le pauvre homme prend peur et balbutie en créole qu’il sait bien que la chasse aux crabes est réglementée, que ce n’est pas le bon moment, que nous sommes loin de la période de Pâques, mais qu’il doit nourrir sa famille. Il supplie Rousseau de ne pas lui mettre une amende ou de l’emmener au poste.
Mais à sa grande surprise, c’est un billet de 15 euros que lui tend l’inspecteur.
« Donne-moi deux grappes ! » lui ordonne-t-il
Pris de court, le vieillard met un certain temps à s’exécuter, même soulagé de ne pas finir derrière les barreaux.
Il a tout de même le cran d’indiquer au policier que le prix qu’il a payé est incorrect de 5 euros. Un regard appuyé de Rousseau suffit à lui faire accepter la monnaie.

L’inspecteur observe attentivement les touloulous. Il juge de leur vivacité en tâtant leurs yeux cylindriques.
« Je crois savoir ce que vous avez derrière la tête. » lui dit Marie
— Et je sais que vous voyez juste.
— Dans ce cas, c’est maintenant qu’il faut se rendre à l’hôtel, tout le monde est en train de vider les lieux
— Ne perdons pas une minute, c’est peut-être notre dernière chance de coincer le tueur.
Les pauvres crabes agitent les yeux, comme s’ils avaient compris où Rousseau voulait en venir.

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L’AUTEUR

Nombreux sont les auteurs, indépendants ou non, à déclarer qu’aussi loin qu’ils se souviennent, ils ont toujours voulu être romancier.

Je vous mentirais si je vous écrivais que c’est également le cas pour moi.
Non, ma passion première était le dessin.
Lorsque mes camarades de l’école primaire apprenaient à lire en tentant de déchiffer leurs premiers Oui Oui, j’avais déjà le nez plongé dans mes Strange, Special Strange, Spidey ou Nova.
J’ignorais qui était Enid blyton et encore moins George Chaulet mais me targuait de savoir qui étaient Stan Lee, Jack Kirby et John Romita.

C’est amusé que j’ai retrouvé au fond de mon tiroir mes premières BD tracées dans des cahiers d’écolier à grands carreaux.
La passion pour l’écriture ne m’est venue que bien plus tard, lorsque j’ai cessé de dessiner des histoires de manière spontanée et que je me suis rendu compte qu’il fallait, avant tout, bâtir un scénario.
En 2014, Les colonnes du temps était, au départ, le scénario d’une bande dessinée, bande dessinée qui est devenu nouvelle avant de finir en roman.

S’il est loin d’être parfait (mais quel roman peut réellement se targuer de l’être ?), il reste ma toute première « oeuvre » et a été le départ d’une passion pour l’écriture qui ne m’a, dès lors, jamais quitté.

J’en suis aujourd’hui à l’écriture de mon sixième roman et ne compte pas m’arrêter en si bon chemin !

Votre serviteur en quelques dates :

1975 : Naissance à Saint-Claude, Guadeloupe
1981 : Dévore des quantités astronomiques de Strange
1985 : C’est décidé, il sera dessinateur de BD !
1993 : Lit Stephen King et est marqué par La part des ténèbres
1996 : Lit le cycle de l’assassin royal et Les fourmis de Bernard Werber
1997 : Lit le reste de la bibliographie de Werber
2004 : Découvre Tolkien
2008 : lit toutes la série des Harry Potter
2013 : Débute le scénario de Les colonnes du temps
2015 : Le premier tome de Les colonnes du temps remporte le prix de l’auteur        indépendant http://www.monbestseller.com
Sa nouvelle Chameleon finit troisième du concours Librinova et intègre un recueil de nouvelles intitulé Elle hésita un instant puis cliqua sur ‘Envoyer’
Publication en indépendant de GECKO
2016 : Publie Résurgences
2017 : Publie Odyssée
2019 : Publie ZAÏGO