Sensibilité

À l’orée des épreuves les plus douloureuses

J’étais supposé me muer en géant de marbre

L’esprit inaccessible et l’âme creuse

Le coeur ayant la texture de l’arbre

Bonté est soeur jumelle de naïveté

Empathie, siamoise de souffrance

Confiance devient difficile à accorder

Parole donnée est frelatée…rance

Depuis, j’ai su dompter sensibilité

Ayant compris que je ne pouvais la bâillonner

Elle va de pair avec lucidité

Sans elle, les vrais amis je ne saurais discerner

Sensibilité n’est pas une tare ou un frein

Sensiblerie n’est que sa pâle copie

Sans la première nommée, je ne créerais rien

Quant à la seconde…elle n’est de l’âme que maladie

Lonely_bench

John Renmann – 29 juillet 2015

Éternité

Éternité,

Si j’avais le pouvoir de te mettre en bouteille

Pour faire miens les plus beaux instants, à jamais.

Mais tu es insaisissable

Témoin de nos vies semblables à la cire des bougies

Serties de cette flamme qui vacille au rythme de nos peines

Éternité,

J’aurais voulu que tu suspendes ton vol

Ainsi, je profiterais de ces instants, trop courts

Le sourire d’un ami, le regard d’une femme

La joie d’une mère, l’accolade d’un père

Le rire d’un fils, le baiser de l’être aimé

Mais, Éternité,

Tu es montagne, je suis caillou

Tu es mer, je suis larme

Tu es univers, je suis homme

Que suis-je, si ce n’est poussière de vie, face à toi ?

Je ne puis, résigné que vivre chaque instant comme si c’était le dernier

…d’une longue éternité.

Quoi_-_L'éternité

Création de textes poétiques à partir de vieilles images en noir et blanc

Je viens de participer à un petit concours de textes fort sympathique sur google+

Le principe est le suivant, les auteurs nous livrent une image en noir et blanc et, à partir de celle-ci, à nous d’écrire le texte qu’elle nous inspire.

Photo 1 suivi de son  texte

billes

J’étais haut comme trois pommes

Les filles exhibaient leurs couettes

Jouant à la marelle, quelque part entre ciel et terre

Ou piétinait un élastique sur une chorégraphie qui m’échappe encore

Nous jouions des coudes pour atteindre le terre-plein les premiers

Nous jouions du pouce pour gagner quelques billes

Un temps d’insouciance ou nous ne parlions jamais de « mettre à sac »

Mais plutôt de « mettre dans le sac »

Un temps où le seul calot que nous admirions

N’était pas le militaire mais le roi des billes

J’étais haut comme trois pommes

J’étais le capitaine du navire

Mes compagnons pirates étaient mes amis

Et mon coffre au trésor…un sac de billes

Photo 2 suvi de son texte

IMG_20150614_122118

C’était mon frère
Mon frère blanc
Celui qui ne me jugeait nullement
Celui qui m’a tendu la main
Là où j’étais un paria,
Une erreur au pays des confédérés,
Une anomalie au pays du Klan

C’était mon frère
Mon frère blanc
Qui me répétait sans cesse qu’il s’en foutait
De ma peau couleur ébène
De sa peau couleur ivoire
De nos différences qui finalement nous rapprochaient

C’était mon frère
Mon frère blanc
Celui qui a étreint la balle qui m’était destinée
Celui qui m’a souri, une dernière fois
Celui qui m’a dit que je devais leur pardonner

C’était mon frère
Mon frère blanc…

Photo 3 et texte

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Amazones, Walkyries
Nous en sommes là, à nous élever encore plus haut que les hommes
A adopter leur comportement guerrier
Mais sans un sein coupé
Sans un arc
Ni un glaive à portée de main
Mais à jouer des poings
Pour nos libertés
Pour nos filles
Pour vous rappeler que c’est une femme qui a enfanté un homme

Amazones, Walkyries

Dernière photo et son texte

bébé

Mon enfant,
Je t’ai entendu pousser ton premier cri
Arraché au sein nourricier de ta mère
J’ai vu ton premier sourire se dessiner
quand un visage aimant tu reconnaissais
J’ai frissonné en m’abreuvant de tes éclats de rire
lorsque le pitre je mimais

Mon enfant,
Je t’ai vu chuter et te relever
Quand tu expérimentais tes premiers pas
J’ai soigné tes plaies de corps
Et tes plaies de cœur
Tout comme tes plaies de l’âme

Mon enfant,
Je ne te lâcherai pas la main
Et un jour c’est toi qui tiendras la mienne
Lorsque mes tempes seront grisonnantes
Et que je courberai l’échine sous le poids de l’âge

Mon enfant,
Sache que si mon corps s’altère avec le temps
L’amour, lui, ne faiblit pas
Tu resteras à jamais la chair de ma chair
Le sang de mon sang
Mon enfant

{Concours de nouvelles}Appel aux votes

Parce qu’il y a des auteurs encore peu connus que j’aime lire 😉

Les mots d'isabelle

Ce n’est plus un secret pour vous, je suis devenue accro aux concours de nouvelles. Vous avez sans doute vu passer le concours qui se déroule actuellement sur aufeminin.com. L’année dernière déjà, je voulais participer, mais j’ai beaucoup hésité, je ne me sentais pas sûre de moi et, finalement, je ne l’ai pas fait. Oui je sais, vous allez me dire, c’est dommage, il faut oser dans la vie et laisser parler ses envies.
Enfin, ça c’était l’année dernière, cette année, j’ai participé avec un texte intitulé « Vacances surprises » et qui se situe dans la catégorie « Je préfère l’autre ».
Nous sommes déjà à 43 votes depuis jeudi soir et, si vous faites partie de ses 43, je vous remercie pour votre intérêt qui me touche énormément. Pour les autres, si vous n’avez pas encore découvert ma nouvelle, n’hésitez pas à cliquer ici, à cliquer sur j’aime et si le…

Voir l’article original 37 mots de plus

Je médite…

Assis sous un saule pleureur, tentant difficilement de contrôler mes pensées, omniprésentes et parasites. Lady Moon m’interpelle de sa voix douce et apaisante.

« Encore en train de rêvasser, John ? »

— Pas tout à fait, Lune, je médite

— Tu médites ? Et en quoi cela consiste ?

— J’essaie de ne penser à rien

— Tu essaies de ne penser à rien ?

— Oui la pensée c’est le mental, celui qui parvient à le taire s’élève parmi les sages.

— Ha ? Donc tu veux être sage ?

— En quelque sorte

— Alors celui qui ne pense à rien devient sage parmi les sages ?

— Disons que celui qui régule son mental comme il régule son souffle est sur la voie de l’éveil.

— Ha ? Donc tu veux t’éveiller ?

— Tu m’embrouilles Lune…

— Pas du tout, je viens de t’aider.

— Pardon ?

— Si tu veux être sage, il faut t’éveiller en ne pensant à rien. Les plus grands penseurs ne sont donc pas éveillés.

— Est-ce à dire qu’ils ne sont pas sages ?

— Là est toute la différence entre le mental, la pensée donc et le rêve, John…

— Heu…

— Tu es esclave de ton mental, mais maître de tes rêves, de ce que tu souhaites réaliser. Finalement, les penseurs les plus sages sont les rêveurs.

— Ouch…

— Bonne nuit apprenti rêveur…

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La plume brisée.

D’un seul coup cela vous prend.

Vous rédigez votre histoire, vous y croyez, vous vous jetez dedans comme un nageur plonge dans la piscine.

Vous découvrez le dur « métier » d’écrivain, où l’on peut vous porter aux nues à l’instant puis vous descendre très vite, dans l’heure qui suit.

D’ailleurs, vous dites du bout des lèvres que vous êtes écrivain, estimant ne pas encore avoir fait vos preuves, estimant ne pas être digne d’être classé dans cette catégorie si particulière.

Alors il y a des soirs comme celui-là, où ça vous prend. Malgré votre opiniâtreté, votre fighting spirit (comme disent les Anglais) ou votre grinta (comme disent les Hispaniques) vous vous levez, rageur, la plume dans la main, en prenant plusieurs pas d’élan.

Et l’ustensile, l’outil sacré, est jeté loin, très loin. Il disparaît dans le champ des lubies et autres idées passagères, totalement saugrenues.

Alors vient ce soulagement…jusqu’à ce que…

Un mail d’une lectrice vous avouant être accro à votre « oeuvre ».

Un ami qui vous dit « Bon, gros, ton prochain roman il arrive ou bien ? »

Un autre qui ajoute « J’espère que tu es toujours motivé pour aller pondre la suite du premier ! »

Et encore un qui vous dit, « J’attends toujours l’explication quant à la quatrième colonne !!! Le passé, le présent, le futur, ouais, mais la dernière c’est quoi ?!! »

Et là vous traversez ce foutu champ, penaud, et vous retrouvez votre plume, brisée.

Vous la raccommodez autant que vous pouvez, avec les moyens du bord et vous remettez à écrire.

Vous vous dites que, ne serait-ce que pour 4 lecteurs, 4 fans assidus et impatients, vous n’avez pas le droit de briser votre plume.

J’aimerais dédier ce texte à ceux qui continuent à croire en moi, malgré tout, et je tiens à leur annoncer qu’une dizaine de romans arrivent, à la queue leu leu.

Merci.

John Renmann 12 juillet 2015

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Les bandes dessinées qui pourraient résumer mon parcours

Vous devez probablement savoir que, bien avant d’écrire des textes en tous genres, je suis avant tout fan de bandes dessinées (et d’ailleurs dessinateur à mes heures perdues).

Fan de comics (Marvel, DIC) ou de BD plus « traditionnelles » (Achille Talon, Tintin, les schtroumpfs, Kid Paddle, Ric Hochet, etc, etc..), j’aimerais mettre en avant 3 héros de BD qui résument à eux seuls mon parcours.

Honneur aux dames ! Le premier de ces héros est une héroïne, Malika Secouss, croquée par Téhém, un auteur originaire de La Réunion, né à Paris, mais ayant vécu entre l’île de l’océan indien et la capitale métropolitaine (presque tout comme un certain John Renmann). Malika croque la vie, kiffe sa banlieue et fracasse les fachos à coups de Rangers, faisant remonter leurs bijoux de famille jusque dans leur gorge. Un véritable coup de cœur !

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Le second héros qui a, si je puis dire, bercé non pas mon enfance, mais ma vie d’Aveyronnais d’adoption n’est autre qu’ Aimé Lacapelle. Éminent membre du Bureau d’investigation tarnais (B.I.T), la police agricole du Tarn. Humour décalé (le papy de 60 ans arborant un t-shirt floqué du texte « DEEP RURALITY »), nombreux clins d’oeil à la région Midi-Pyrénées (la mamie d’Aimée lui prépare des croustades gargantuesques en roulant des « R »), textes ponctués d’expressions et autres interjections aveyronnaises, un must pour tout amoureux de BD.

À noter que l’auteur, Jean-Yves Ferri, a contribué à l’écriture du scénario d’Astérix chez les Pictes.

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Le troisième et dernier héros, probablement inconnu du grand public, mais pas des Antillais (je sais, je sais, ces derniers vont froncer les sourcils en hurlant qu’ils ne font donc pas partie du grand public) n’est pas un personnage fictif mais le dessinateur Martiniquais Pancho. Attention, à ne pas confondre avec son homonyme Vénézuélien.

Pancho caricature la société Antillaise à travers de courtes vignettes humoristiques publié dans le quotidien France-Antilles.

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La banlieue, l’Aveyron, les Antilles, mon tiercé gagnant dans le désordre !

Critique de « Poèmes en tous sens » de l’auteure Anneh Cerola

Aujourd’hui, après avoir donné mon avis sur « Mémé dans les orties » le succès d’Aurélie Valognes, j’aimerais vous parler de l’ouvrage « Poèmes en tous sens » de la poétesse Anneh Cerola.

L’auteure œuvre déjà sur le site http://www.monbestseller.com, tout comme votre humble serviteur, et nous attendons toujours la publication de son roman « Me dévoilerais-je ? ». Cet appel subliminal ayant été fait, passons à la critique de « Poèmes en tous sens ».

Premier constat, Anneh sort des sentiers battus de la poésie telle que nous la connaissons.

En termes plus clairs : exit la rime, l’alexandrin et la structure particulière propre à ce genre littéraire. Les puristes seraient déroutés et certains pourraient grincer des dents face à l’audace de l’auteure. Je ne vous cache pas que cela a été mon cas.

Mais, car bien entendu il y a un « mais », l’essentiel est là. La poésie est avant tout un moyen d’exprimer ses émotions, à l’instant « présent » ou a posteriori. Dans cet exercice, la poétesse excelle en réussissant à nous communiquer son ressenti à travers des mots choisis pleins de sens. Si elle fait fit des vers, elle jongle avec la prose d’une manière diaboliquement efficace.

Pour ceux qui savent lire à travers les lignes, on parviendrait presque à disséquer l’âme d’Anneh et deviner certaines de ses souffrances, mais la pudeur et le respect de l’être m’empêche de vous en dire plus.

Mon texte préféré dans ce recueil ? Parmi tant d’autres, A la recherche,  qui est un pied de nez à la quête du succès et une alerte au fait de passer à côté du vrai.

Je note 8/10 avec les encouragements du jury

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