Merci Sarras

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J’aimerais dire un grand merci aux bénévoles de la bibliothèque de Sarras qui m’ont accueilli comme un roi ce matin. J’étais presque gêné d’autant d’attentions. Karole (avec un « K ») m’avait prévenu mais je ne m’attendais pas à ce que l’on me déroule un tapis rouge que je ne mérite ni ne réclame ;-).

Je ne saurais vous oublier, vous, les lecteurs qui sont venus découvrir l’auteur débutant que je suis. Votre gentillesse, vos conseils et vos encouragements me sont allés droit au cœur.

Cela m’a fait le plus grand bien de discuter avec des graines d’auteurs, de raconter ma passion mais aussi de relever les difficultés que nous sommes amenés à rencontrer dès que l’on se lance dans le grand bain.

Je serai toujours le premier de vos fans, encore une fois, MERCI

John Renmann, 27 juin 2015

Si j’avais un cœur

Si j’avais UN cœur.

Alors je te dirais ô combien je regrette.

De n’avoir su exprimer plus tôt mes sentiments.

De n’avoir sur vaincre pudeur et introversion.

Moi, ayant pourtant défaite en aversion.

Si j’avais UN cœur.

Il serait occulté par un immense mur en marbre

Que seul ton regard saurait lézarder

Que seul ton sourire pourrait ébranler

Et que seul ton rire parviendrait à renverser

Si j’avais UN cœur.

Il serait aussi vaste que le Pacifique.

Mais tu serais cet îlot où j’aimerais accoster.

Ma terre perdue au milieu de l’océan, mais unique.

Loin de tous ces continents, ces géants désœuvrés.

Si j’avais UN cœur

J’aurais en horreur toutes ces secondes qui s’égrainent,

L’immense fleuve du temps qui dans son cours, nous entraîne.

Nous affronterions ses remous, main dans la main.

Et n’aurions aucune quant à la couleur des lendemains.

Si j’avais UN cœur

Alors je te remercierai pour ce magnifique présent.

Pour le plus merveilleux des rôles, et son costume étincelant.

Pour avoir donner un nouveau sens à notre vie.

Je te dirai, pour avoir fait de moi un père, du fond de l’âme, merci.

Mais je n’ai pas UN cœur, j’en ai DEUX, les nôtres, battant à l’unisson.

Et c’est confronté à la difficulté de rédiger ce simple extrait, cet essai.

Que je me rends compte ne pas être suffisamment reconnaissant.

Alors à toi qui lira ce texte, sache ô combien tu comptes.

Et que si l’univers était une page,

il ne serait jamais assez grand pour que je puisse y coucher tout ce que je ressens.

John Renmann 23 juin 2015

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Cette garde-robe qu’est la vie

Au commencement étaient les plus doux des habits : les bras d’une mère aimante.

Puis, la mode « petite – grande enfance » tomba trop vite en désuétude.

Porter la panoplie d’ado était, ma foi, fort grisant.

Le textile, un peu rebelle, me donnait envie de briser les habitudes

Mais il fut à l’origine de réactions épidermiques et pathologies étranges :

Une éruption de boutons, malvenue, alors que je découvrais flirts et romances.

Mais aussi une surdité qui me touchait dès que s’adressaient à moi les parents.

J’ai parfois eu à me déguiser pour me dissimuler, tous les sens aiguisés.

Pour passer pour ce que je ne suis pas, et avoir la paix.

Au début, je me suis senti très à l’étroit dans la tenue de père

Elle était bien trop grande pour moi, mes épaules y flottaient allègrement

Mais je reconnais que la porter me rendait vraiment fier

Et qu’elle était de rigueur pour prétendre entrer à la table des grands

On m’a souvent fait porter le chapeau, j’ai dû mettre des gants.

Je me suis retrouvé plus d’une fois à côté de mes pompes, râlant.

Mais sans non plus être obligé de retourner ma veste.

Grâce à ceux avec qui j’étais « cul et chemise », du reste.

L’habit de vieillard, un peu fripé, n’attend qu’à être porté.

Mais d’ici là j’ai encore nombre de panoplies, costards et vestes à exhiber.

Sans parler de tous ces textes suspendus sur mon étendage

Et que je me dois de partager avec mon entourage.

John Renmann, 21 juin 2015

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Le papillon mélancolique

J’ai beau le nier, mais malgré cette plaie jamais refermée, elle occupe mes pensées

Je l’ai sentie frustrée et humiliée alors que je déclarais ma flamme à Montreuil, ma cité

Elle m’a bercé, câliné, élevé, je suis son trois cent millième fils adoré

Est-ce à dire que je ne suis qu’un ingrat ? Un rat parmi les rats ?

Est-ce une honte d’avoir détourné mon regard d’elle, suis-je un scélérat ?

J’étais haut comme trois pommes, flottant dans une salopette bleue

Ébloui par les rayons du soleil, enivré par l’odeur des tamariniers

J’observais, émerveillé, la beauté innée des flamboyants majestueux

Et me tenais toujours bien éloigné de l’inquiétant mancenillier

Le carême coïncidait avec vaval, ses fouets, tambours et sifflets

Impossible de ne pas remuer au rythme du gwo ka endiablé

Les défilés colorés, prolongement de Noël et sa veillée

Comment ai-je pu tout cela, oublier ?

Les virées en mer, l’imposant phare de l’îlet du gosier

La plage de son petit cousin très éloigné, l’îlet caret

La Bretagne des Antilles, la magnifique pointe des châteaux

Les ti-punchs citron vert – rhum Montebello

Et aussi l’alizé que nous bénissions lors des fortes chaleurs

Allongés sur les carreaux tiédis en quête d’une vaine fraîcheur

Le noyau a bien poussé, je m’accroche aux branches de mon manguier

Observe les sillons tracés dans le gazon par les fourmis-manioc, amusé

Et Le Raizet, Baimbridge, Fouillole…

Et tous mes amis dont j’ai perdu la trace pour la plupart…

Montreuil est à jamais dans mon cœur

Mais je ne saurais nier que j’en pince sacrément aussi pour une autre

Vous l’aurez deviné, elle est le papillon posé sur la mer des Caraïbes

Elle se nomme Karukera

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Pourquoi « John Renmann » ?

John Renmann ?

D’aucuns parmi mes auteurs préférés et mes chers lecteurs adorés ignorent que ce nom dissimule ma véritable identité.

Vous devez vous en douter, depuis la toute première fois où je l’ai prononcé, sur ses origines je dois, sans cesse, me justifier.

Je vous propose une courte prose de rattrapage que je partage sans trop de bavardages, sans ambages.

« John » n’est pas né de l’excès de consommation de jaune à jeun, entraînant une assez longue position assise sur le trône

Il s’agit du prénom qu’ont en commun trois personnages hors du commun, trois êtres pensant comme un.

Joseph, « John » Merrick, frappé de difformités, humilié, rabaissé et exposé au regard de tous tel un vil trophée.

John Coffey, colosse hiératique, au cœur vaste comme l’océan pacifique, victime d’une justice totalement inique.

John Weading, professeur d’un cercle de poètes disparus, celui qui me fait espérer pouvoir dire un jour : « des livres, j’en ai dix, parus ».

Pour ce qui est de Renmann, le raccourci avec Rainman est une certitude. Simple hommage à un homme avec qui je partage non pas la maladie, mais plutôt l’attitude, quand je donne l’impression d’être perdu en altitude.

Voici donc, enfin, pour certains, livrée l’explication quant à cette identité.

Pour ce qui est de savoir pourquoi j’œuvre à moitié masqué, c’est une autre histoire que je n’ai guère le temps, désormais, de vous conter.

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John Merrick, alias Elephant man…

Les colonnes du temps, la scène qui prête à polémique.

Un des lecteurs de mon livre a vertement critiqué ce dernier en fustigeant notamment la scène de la réunion des trois chefs d’état (et d’un quatrième, inconnu) au bureau oval. Je le cite :  » (la réunion des chefs d’état où Chirac s’empiffre de saucisson est à pleurer de ridicule) » . Comme je suis bon joueur, j’ai décidé de vous livrer cette fameuse scène et de vous laisser juger par vous même. Je tiens juste à préciser au lecteur X, que cette scène est justement là pour montrer la totale impuissance de ceux qui nous gouvernent et…leur ridicule face à la situation dramatique.

Début de l’extrait:

Plutôt que de favoriser le dialogue avec son peuple, Poutine a fait preuve de fermeté et d’intransigeance. Son pays n’en demeure pas moins l’un des plus puissants du monde et affirme son indépendance vis-à-vis des affaires internationales.

D’ailleurs, au nord, certainement du fait du grand froid, certaines installations soviétiques ont résisté à l’absorption, ce qui n’est pas le cas des armes et autres bases américaines très peu présentes en Alaska finalement. Cela donne un avantage certain aux russes.

Je suis persuadé que George Bush le sait car il prend un air soucieux et plutôt que de reprendre sa joute verbale se tourne vers le président Chirac toujours penché sur son Sony Vaio.

— Qu’en pensez-vous mon ami ? lui demande-t-il, doit-on envoyer un militaire, russe qui plus est, dans la gueule du loup ?

Le français semble très attentif à ce qui s’anime sur son écran, il acquiesce de la tête sans quitter du regard l’affichage à cristaux liquides. Nous sommes très éloignés du trio présidentiel, que ce soit en terme de distance ou de point de vue idéologique…mais je jurerais avoir vu le président de la république française sourire à son écran avant de me regarder et de m’adresser un clin d’œil.

— Voyez-vous George, je ne suis pas spécialement emballé à l’idée de laisser un soldat s’introduire dans cette, comment dites-vous déjà ? Sphère cosmique ?

Monsieur Bush opine du chef.

— J’ai comme l’impression que notre planète est malade, or, avant de se soigner, il est tout de même plus judicieux de consulter et de mettre un mot sur…ses maux !

L’américain sourit…Monsieur Poutine beaucoup moins.

— Vous comprendrez donc qu’une simple mission de reconnaissance serait tout d’abord plus sage avant d’envisager la suite des évènements !

Jacques Chirac fixe le président américain puis lâche :

— Ne reproduisons pas ce que nous avons fait en Irak…

Le texan s’emporte :

— Ah non ! Ne recommencez pas avec ça !

— Je n’étais ni pour, ni contre, c’est simplement que la méthode…

— La méthode,  comme vous dites, a libéré tout un peuple !

— A quel prix ? Ce peuple s’est ensuite entretué. Notez que peu de temps après apparaissait cette sphère inconnue…

Monsieur Bush se lève d’un coup et semble se dire à lui-même :

—  Bon ! Finissons-en ! On entre dans cette cochonnerie cosmique, on y déploie un tapis de bombes à azote liquide et on la renvoie illico d’où elle vient !!!

Les joues de l’américain virent au pourpre et des postillons s’échappent de sa bouche.

Les deux gardes en faction observent la scène, John pose un regard grave sur le président français. Forcément du côté de Bush, il soutient le représentant de la nation américaine contre vents et marées même quand il sait que ce dernier a tort…même si lui-même, John Mac Geady a voté démocrate.

Après avoir jeté un œil à l’écran de son ordinateur portable, Monsieur Chirac intervient :

— Restons calme cher ami ! Une tranche de Jésus peut-être ?

Sa proposition, aussi inattendue qu’amusante, prend tout le monde à contre-pied. George Bush écarquille les yeux devant le spectacle du président d’une grande nation lui tendant une assiette de salaisons. Il se tourne vers son homologue russe qui…oui oui…esquisse un très léger sourire.

Park et moi nous serrons la mâchoire pour ne pas exploser de rire.

— Une tranche de Jésus !  reprend l’américain tout en pouffant de rire, d’abord discrètement puis de plus en plus bruyamment.

— A piece of Jesus!  Ha! Ha! Ha! Ha!

Bien entendu, la phrase de monsieur Chirac a été exprimée en anglais sans traduire le terme « Jésus », le saucisson lyonnais qui doit son nom à sa forme particulière, celle d’un bébé emmailloté.

Le jeu de mot involontaire avec le personnage biblique a rendu tout le monde hilare. Les gardes eux-mêmes ricanent désormais à gorge déployée, tout comme notre personnage inconnu dont on voit les épaules bouger au rythme de ses gloussements. Tout le monde rit ! Tout le monde, sauf Vladimir Poutine.

Connaissant un peu le caractère de mon président, du moins les facettes que les médias veulent bien nous révéler, je gagerais que cette phrase n’a pas été prononcée de manière anodine. Elle avait certainement pour but de faire retomber la tension.

— On dirait que ton président cherche à gagner du temps, me souffle Park.

— Il suffit !!!

La voix de monsieur Poutine résonne dans la pièce, les rires cessent aussitôt.

— Cessez votre manège Chirac ! Vous cherchez à retarder notre décision ! Ne comptez pas me berner avec votre sens de l’humour potache !

Le français jette un bref coup d’œil à son écran puis hausse les épaules.

— Que vous le vouliez ou non, seule l’intervention armée est nécessaire. Nous enverrons un soldat, peu importe sa nationalité, il usera de la force si nécessaire.

Monsieur Bush fronce les sourcils tandis que monsieur Poutine poursuit :

— Je vous rappelle que de toutes les armées terriennes, l’armée russe est la plus importante à ce jour, une grande partie de notre armement a résisté à l’effacement, une autre était dissimulée sous terre !

Il a un sourire marqué.

— Nous avons même des têtes nucléaires à disposition dans notre base souterraine de Loujno-Sakhalinsk…

Messieurs Bush et Chirac font la grimace. La politique se joue le plus souvent sur une position de force, qu’elle soit armée ou commerciale.

Le président américain inspire un grand coup, puis se penche vers son homologue russe, prêt à en découdre verbalement mais il est alors stoppé net par une voix au timbre particulier, presque apaisant :

— Vladimir, George, Jacques…

Le personnage qui se tenait debout devant la reproduction de la toile de Picasso se retourne puis fait un pas en avant. Il se place alors sous les lumières de la pièce au bureau ovale.

Park et moi ne pouvons retenir une exclamation de stupeur…

Fin de l’extrait 

J’aimerais, pour finir, ajouter que je serai le premier lecteur de ces fameux critiques aux pseudonymes délirants et à la face invisible, qui viennent entarter les auteurs en public avant de partir en courant, leur dignité dans leur froc. A vos crayons messieurs ! Et n’oubliez pas, quand on est bien éduqué on dit « Je n’aime pas » et non pas « c’est de la m*** » !

😉 A charge de revanche.

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