Le casse-tête des adaptations d’œuvres littéraires

Il y a quelques temps, j’imaginais le casting international du film qui aurait été adapté de mon roman, Les colonnes du temps. Tout à ma réflexion, je me suis alors mis à la place du réalisateur. Soumis à un cahier des charges rigoureux, il lui faudrait décider de la durée de l’adaptation : 2h00 comme la plupart des blockbusters hollywoodiens ? (en admettant que l’oeuvre originale soit digne d’un blockbuster, mais je vous l’ai écrit, je fais tout « comme si »), 3h00…3h30…davantage ?

Et c’est là qu’il rencontre finalement, un des nombreux problèmes auxquels il doit se confronter, si ce n’est LE problème : doit-il être fidèle à l’oeuvre originale ou s’accorder quelques libertés, ce, au risque de décevoir les fans, et surtout, de réveiller une vieille crise d’urticaire chez l’auteur déjà passablement stressé par le casting très exigeant ?

Nombreux sont ceux d’entre vous à avoir déjà visionné sur petit ou grand écran un film adapté d’un roman. Les exemples sont légions. Si nous mettons de côté les saintes écritures bibliques, nous pouvons citer en vrac, les classiques que sont les œuvres de Victor Hugo (notre dame de Paris), Zola (Germinal), Alexandre Dumas (Les 3 mousquetaires). Pour ces adaptations, notez qu’en général on n’a que rarement droit à des grincements de dents. En revanche dès que l’on entre dans une ère plus moderne avec des adaptations « libres » (je pense notamment aux films issus des comics Marvel et DC) ou plus fidèles, c’est là que le bât peut blesser.

Passons sur l’adaptation du chef d’oeuvre (?) de l’auteur « d’abord » auto-publiée, E.L James : 50 nuances de Grey. Il y aurait beaucoup de choses à en dire et en redire. Bon, je ne vous cache pas que je ne l’ai lu que le premier opus, davantage pour « ne pas mourir idiot » (comme quoi, une bonne promo, peut payer, dans tous les sens du terme) que par envie. D’aucuns prétendent que l’érotisme n’est pas ma tasse de thé, encore moins le sadomasochisme…ils ont raison. Mais je m’égare, revenons à nos moutons !

Notre pauvre réalisateur doit décider de la longueur de sa bobine et finalement, celle ci sera proportionnelle, en théorie, au degré de fidélité de son film à l’oeuvre écrite. Mais dans tous les cas, celle-ci subira des coupures. Pour les puristes, je peux citer la disparition du personnage de Tom Bombadil dans la saga Le seigneur des anneaux ou encore la mise à la corbeille de Peeves le fantôme facétieux de la série des Harry Potter et que dire des scènes torrides (bel euphémisme) carrément abrégées de 50 nuances de Grey ? Mais tu l’as vue, finalement, cette adaptation John ? Non, ce sont mes amiEs qui m’ont fait part de leur déception, mes amis (sans E) ayant accompagné (contraints et forcés pour la majorité) leurs chères et tendres m’ont signifié leur critique d’un « bouarglll!!! » en se plaçant deux doigts dans la bouche…

Mais je critique, je critique et vous me direz, à juste raison, qu’en attendant, E.L tout comme J.K, ont bien cartonné, ELLES ! Là n’est pas mon propos mais encore une fois, je m’égare ! Je suis sincèrement heureux de la success story de ses deux écrivains bourrées de talent. Ce qui m’inquiète, ce sont plutôt les adaptations qu’on en fait…mais peut-on sincèrement en vouloir aux réalisateurs ? La réponse dans un prochain article.

N’empêche…9 heures de film et pas une seule référence à Tom Bombadil…Pas vrai, monsieur Peregrin Took ?

John Renmann

tom-bombadil

Publicité